À partir des années 1960, c’est particulièrement du côté touristique que va se développer l’économie de la municipalité. Le développement de l’intérêt des villégiateurs pour ce secteur de Charlevoix, se situe dans le contexte plus large de la villégiature dans la région de la Pointe-au-Pic et de la Malbaie dont il est le développement et le prolongement naturel. Ce n’est cependant pas avant le début du XXe siècle que les visiteurs feront autre chose que des incursions passagères dans l’arrière-pays, de leur base de la Pointe-au-Pic, le plus célèbre au début du XXe siècle étant Charles Fitzpatrick, qui se bâtit une résidence d’été au lac Saint-Marie. Plusieurs établissements hôteliers s’installent, étroitement contrôlés par un Conseil municipal qui tient à ce que « rien de désagréable ne se produise soit dans la location de motel ou autre manière parce que nous aimons garder une bonne renommée dans nos établissements à Saint-Aimé...»5. De même est étroitement réglementée la possibilité de se baigner « dans tous les lacs et les rivières ainsi que sur les grèves qui sont propriétés du Roi». Mais la municipalité sait que tourisme et loisirs seront des sources de revenus importantes. Elle a soutenu la création et les activités d’organismes comme le Comité des Loisirs et la SISAL (Société d’initiatives et de développement de Saint-Aimé-des-Lacs), et dès 1965, le Conseil municipal a cherché à favoriser un projet de développement de parc touristique. La municipalité participera de façon active au développement du Parc des Hautes-Gorges-de-la-Rivière- Malbaie.
Avec le temps, les touristes viennent dans la région de plus en plus nombreux. Dès que les beaux jours reviennent, l’été ramène des villégiateurs désireux de profiter de la beauté de la nature qui entoure Saint-Aimé-des-Lacs. Contrairement au tourisme américain qui est la marque de commerce de la Pointe-au-Pic, les premiers villégiateurs à Saint-Aimé sont des habitants de la région, principalement de la municipalité de La Malbaie. Professionnels ou commerçants, ils cherchent un lieu paisible où ils pourront profiter des douceurs de l’été loin de leurs activités courantes. Le lac Nairne va devenir leur lieu privilégié de retraite. Les premiers villégiateurs installeront leur maison dans le secteur de la Plage, de la Pointe des Roches et de l’Aviation. Puis, à la fin des années ‘20, le secteur du Chemin de la Baie sera l’objet de nombreux établissement, grâce aux ventes de lots consenties par Ulysse Lavoie qui possédait ce secteur, suivi dans les années ‘30 par le secteur du ruisseau Gagouette et de la Réserve. La plupart de ces familles passent tout l’été au lac Nairne à partir de la Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la Fête du travail. Les premiers villégiateurs connaissent bien les résidents et les rapports entre eux sont simples et harmonieux. À partir des années 1950, le nombre de chalets de villégiature augmente avec l’arrivée de gens de Clermont. Se développent alors le secteur Dallaire ainsi que le chemin de la Réserve et le chemin Larouche. Régates et activités nautiques, campings et festivals apparaissent et animent la vie estivale de la municipalité.
Depuis les années 1980, la municipalité de Saint-Aimé-des- Lacs fait face à de nouveaux défis. Son développement est intimement lié à une activité touristique de plus en plus élaborée et l’attraction que constitue le Parc-des-Hautes- Gorges-de-la-Rivière-Malbaie doit pouvoir être utilisée à des fins de promotion de cette nature qui a toujours attiré les visiteurs.